mardi 2 octobre 2012

Les mots se suivent #3

Bonsoir lecteur,

Ce soir, un texte sans prétention.
 
Machinalement, il remonta le col de son imper puis il souffla dans ses mains gelées. Elles avaient une odeur de terre humide mêlée à celle du sang. La pluie ruisselait sur son visage. Il ouvrit la bouche pour happer quelques gouttes espérant étancher sa soif et enlever ce goût horrible. Il aurait dû savoir que ça finirait comme ça, qu'il finirait par en arriver là. Et pourtant, on a beau savoir la fin d'un film triste, on espère toujours qu'il en sera autrement. C'est humain il paraît, c'est l'espoir. Il maudit l'espoir puis s'en alla.

Ce matin-là, il s'était réveillé, comme d'habitude sur son bureau, la tête lourde, la bouche pâteuse, les yeux hagard. Il s'était levé jusqu'à son miroir et au petit évier pour se rincer la tête. Ses muscles étaient douloureux, engourdis par la mauvaise nuit. Il n'avait pas l'air très frais. On avait toqué à la porte, il s'était. Il avait voulu lui dire de foutre le camp, mais il ne pouvait pas. Rapidement, il s'était essuyé le visage, était allé à son bureau, avait ouvert le premier tiroir et en avait sorti une bouteille de bourbon bien entamée qu'il avait posé sur la table, bien en vue. Avoir la tête dans le cul à cause de l'alcool était naturel, c'était cliché, mais moins honteux que les drogues dur auquel il s'adonnait trop souvent. Il avait pris le temps de remonter ses bretelles et s'était dirigé vers la porte. La silhouette avait disparu. Il avait quand même ouvert la porte, avait jeté un regard dans le couloir, avait pesté car son client était parti et l'avait refermé.

En se retournant, il avait buté contre quelque chose par terre. Une enveloppe. Il s'était penché pour la saisir, la tête lui tournait à cause des drogues qui n'avaient pas fini de faire leurs effets néfastes. Il s'était saisi de l'enveloppe tant bien que mal et était allé s'affaler sur sa chaise. L'enveloppe était de bonne taille, blanc cassé et épaisse. La seule inscription était son nom. Il avait entrepris de la décacheter. A l'intérieur se trouvait une liasse de billet et une photo. Curieux, il avait regarder la photo ; un jeune enfant, d'une dizaine d'année, un portrait comme celui qu'on met dans un album, stérile et artificiel. Machinalement, il avait regardé au dos et y avait trouvé une inscription faite à la mine de plomb : "Retrouvez-le et vous aurez l'autre moitié de l'argent". Il avait regardé la liasse de billet. Il y avait de quoi payer ses arriérés. Si quelqu'un lui proposait le double, ça devait être important. Il avait reposé l'enveloppe et son contenu, s'était adossé contre sa chaise et avait regardé au travers de la fenêtre. La pluie tombait sur la ville. Une pluie sombre et épaisse. "Sale journée" avait-il pensé puis s'était levé, avait pris son imper, la photo et les billets et était sorti.

Il s'était dirigé vers le café d'en face, avait commandé un café très noir puis avait demandé au patron s'il avait déjà vu le gosse de la photo. Evidement, il lui avait dit que non. La piste du gosse était froide, il aurait pu faire toute la ville qu'il n'aurait pas trouvé quelqu'un qui le connaisse. Pourquoi lui donner une affaire comme ça ? Et avec si peu d'indice ? Et pourquoi payer d'avance ? ça ne sentait pas bon.

Il était sorti du café et s'était mis à marcher sur le trottoir. La pluie continuait à tomber à grosses gouttes produisant de lourds "ploc ploc" dans les marres du trottoir défoncé. Les immeubles ruisselants faisaient résonner le bruit des voitures et du tram qui passaient dans la rue. Il avait l'impression que, dans sa tête, même le bruit de pas des passants devenait insupportable et lui martelait les tempes. Un enfant avait pleurer. Un passant avait hélé un taxi. Au carrefour, deux voitures avait manqué de se rentrer dedans et avait fait crisser leur pneu. Le reste de la circulation klaxonnait. Non, s'en était trop !

Les mains sur les oreilles, il s'était rapidement dirigé vers le parc. Il avait franchi les grilles et s'était enfoncé sur un petit sentier qu'il connaissait bien. Au bout de quelques minutes, il n'y eu plus que le bruit léger des gouttes sur les feuilles des arbres. Il avait pris le temps de respirer à fond une fois et était allé vers un banc. Il s'y asseyait deux fois par jour. Au bout de quelques instants de calme, il avait fouillé de sa main le dessous du banc. Il y avait un interstice entre les planches en bois du banc et le fer forgé qui le soutenait. C'était là qu'il récupérait sa drogue. Il venait le soir y déposer de l'argent et le matin, il passait récupérer sa précieuse poudre. Cela faisait déjà deux ans que ce petit jeu avec son dealer marchait. Il ne s'était vu qu'une seule fois, la première, pour mettre au point ce système.

Cependant, ce matin, au lieu d'y trouver sa dose, il avait découvert un petit bout de billet. "Tu me dois encore 4 doses ! Viens ce soir avec l'argent, je serai ici ou trouve-toi un autre vendeur". Furieux il avait froissé le billet. C'était vrai, il lui devait encore de l'argent. Il s'était rapidement calmé en pensant que l'argent qu'on lui avait confié ce matin suffirait amplement à le rembourser et qu'après, tout rentrerait dans l'ordre. En attendant, il ferait sans.

Il s'était relevé puis avait repris le chemin pour sortir du parc. Les bruits avaient semblé moins agressifs, peut-être était-ce dû à la fin des effets des drogues ? Tout en marchant, il avait sorti la photo de l'enfant et l'avait longuement regardé. Maintenant qu'il y voyait un peu plus clair, il lui semblait que cet enfant lui était familier, mais sa mémoire se dérobait encore. Il avait regardé sa montre et s'était dit que l'heure de manger approchait. Peut-être l'estomac plein, la mémoire lui reviendrait ?

Il était entré dans un restaurant de sa connaissance et avait commandé un plat du jour. Il en avait profité pour demander à la serveuse si elle connaissait l'enfant de la photo. Elle avait répondu que non, mais qu'il était plutôt mignon. Il avait mangé de bon appétit et avait même recommandé un deuxième service. Il s'était étonné de sa fringale puis avait remarqué qu'il tremblait légèrement des jambes. Il avait vite compris que c'était le manque qui se manifestait et ce n'était encore que les symptômes "sympa". Bientôt il allait avoir des nausées et se mettre à transpirer. Trop conscient de ça, il s'était levé et avait rapidement payé sa note puis, toujours sous une pluie battante, avait couru jusqu'à son bureau.

Il était entré et avait fermé la porte derrière lui, à clé. Il s'était jeté sur son bureau et avait désespérément cherché une petite dose de poudre, mais son dealer ne l'avait pas livré et il n'avait pas de réserve. Il avait essayé de se calmer, s'était dirigé vers la table où se trouvait la bouteille de bourbon. Il s'était devant elle et l'avait dévisagé. Il n'aimait pas l'alcool, mais il n'avait pas d'autres alternatives. Il avait saisi un verre, l'avait essuyé et s'était servi une grande lampée. Puis une deuxième et une troisième. En moins d'une heure, la bouteille avait été vidée. L'alcool lui tapait dans les tempes, mais la sensation de manque n'était pas partie. Il s'était lever pour aller rechercher une autre bouteille, mais il avait dù se rassoire rapidement pour ne pas tomber. Il avait pris une longue inspiration et s'était efforcé de se relever en prenant appuis sur les meubles. Il avait fini par arriver au buffet, l'avait ouvert et y avait cherché une autre bouteille. La plupart étaient vides et il avait fini, de rage, par les lancers dans la pièce. Titubant, les yeux remplis de larmes de frustration et de manque, il avait reculé. Une bouteille s'était trouvée sous ses pieds et il avait chuté. Sa tête avait cogné un meuble violement et puis ce fut le trou noir.

La première chose qui lui était revenu à l'esprit c'était la douleur. Une douleur infernale logée au fond de sa tête. Douloureusement, il avait touché son crâne et y avait senti une croûte dure. Il avait gratté un peu et avait regardé sa main. Elle était rouge. Du sang. Le choc avait été assez violent pour lui ouvrir une partie du crâne mais la plaie avait cicatrisé, non sans poissé son cuir chevelu. Difficilement, il avait essayé de se remettre sur pied. Sa tête l'avait lancé et il s'était précipité aux toilettes pour vomir. Il n'avait pas osé se regarder tout de suite dans le miroir et avait pris la peine de se rincer la bouche et le visage avant. Un peu dégriser, il avait fini par se regarder. Son visage livide était marqué par deux taches sombres autour des yeux. Ses lèvres tremblaient comme des feuilles d'automne sous le vent et ses cheveux étaient collés par le sang. Il s'était dit que ce visage n'était pas le sien puis s'était détourné.

Il avait avancé jusqu'au bureau, s'était assis sur sa chaise et avait regardé dehors. La nuit était tombée. Pris de panique, il s'était levé d'un bond et avait cherché son imper puis était sorti. Il avait descendu les marches quatre à quatre comme si le diable le suivait et avait couru jusqu'au parc. Un peu avant d'y entrer il avait pris la peine de se calmer et de vérifier que l'argent était toujours bien dans ses poches. Une fois qu'il était rassuré, il était entré. Le petit sentier était sombre et la pluie n'avait pas cessé. Un peu avant le banc, il avait remarqué qu'une forme humaine y était assise. La personne qui l'avait vu s'approcher s'était levé puis, d'un mouvement calme, avait sorti une arme de sa poche et avait parlé.

Il avait d'abord été surpris puis inquiet, mais en entendant ce que son dealer lui disait il avait vite compris. Soit il payait ses doses et un "petit" supplément pour les intérêts, soit il mourrait ici comme un junkee en manque. Il avait alors sorti la liasse de billet et l'avait lancé en direction du dealer. Celui-ci, lentement, l'avait prise et avait estimé que c'était un prix suffisant pour couvrir ses frais. Il avait fait mine de partir, mais il l'avait retenu en le suppliant de lui donner une dose. Le dealer avait pris son temps pour réfléchir. Dans sa tête embrumée par les vapeurs d'alcool et de manque, il aurait pu tuer pour sa dose. Il était près à sauter sur son dealer quand celui-ci lui lança une dose de poudre. Elle était tombée à ses pieds et il se rua dessus.

Il avait sorti de sa poche intérieur de son imper le matériel nécessaire et se l'était administré sans hésiter. La sensation de manque avait disparu immédiatement et il avait poussé un soupir de soulagement. Il s'était relevé, mouillé et crasseux et s'était dirigé vers le banc pour s'y asseoir quelques instants. Le dealer avait disparu. Machinalement, il avait mit la main sous le banc, mais il n'y avait rien.

C'est à ce moment qu'une voie lui avait demandé s'il avait retrouvé l'enfant. Il s'était levé d'un bond et avait tourné la tête dans tous les sens pour trouver d'où elle venait. Une silhouette se tenait non loin de lui, dans la pénombre. Il s'était relevé et avait dit que non, il manquait d'information, qu'il ne savait même pas qui était cet enfant et où le chercher. La silhouette avait poussé un cri, avait tendu les bras et quatre détonations s'était fait entendre.

Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi il était par terre, le corps étendu sous la pluie froide de ce mois de novembre. Machinalement, il remonta le col de son imper puis il souffla dans ses mains gelées. Elles avaient une odeur de terre humide mêlée à celle du sang. La pluie ruisselait sur son visage. Il ouvrit la bouche pour happer quelques gouttes espérant étancher sa soif et enlever ce goût horrible, ce goût horrible de sang, le goût horrible de son sang. La déglutition lui fit un mal de chien. Il posa sa main sur sa poitrine et pu y sentir le ruissellement chaud qui s'en écoulait. Il sentit également des gouttes chaudes sur ces joues. Mais il ne pleurait pas. Non, c'était la silhouette qui, penchée sur lui, pleurait.

Mon fils ! dit-elle. Mon fils ! L'enfant sur la photo, c'est toi ! Tu ne t'es même pas reconnu ! Cela fait plus de dix ans que nous ne nous sommes vu pour la dernière fois. La drogue t'a torturé et t'a tué. Je ne pouvais pas te laisser continuer comme ça. J'espère que tu pourras me pardonner.

Les larmes coulèrent encore un long moment sur ses joues puis deux mains lui prirent la tête et la silhouette déposa un baiser sur son front. Elle se redressa et s'en alla, le laissant dans le noir.

Il aurait dû savoir que ça finirait comme ça, qu'il finirait par en arriver là. Et pourtant, on a beau savoir la fin d'un film triste, on espère toujours qu'il en sera autrement. C'est humain il paraît, c'est l'espoir. Il maudit l'espoir puis il mourut.

dimanche 1 avril 2012

Le bitume vous haït tous !

Bonsoir lecteur,

Ce soir, un petit sujet sur le fait que le sol est dur.

Oui, le sol est dur et quand on tombe, ça fait mal. Que ça soit à vélo, en amour ou dans la vie de tous les jours.
A chaque fois que vous êtes tombé, vous avez certainement entendu des gens vous dire que : "C'est pas grave, ça va passer", "ça ira mieux demain" ou encore "oublies ça". Ce genre de personne sont communément appelé des connards.

Alors oui, dans le fond, ça finira sans doute par passer. Ça finira sans doute par cicatriser et au bout du compte, dans 200 ans, plus personne ne pensera à vos petits bobos car vous ne serez plus là pour les rabâcher.

Mais quand vous venez de vous bouffer le bitume avec un bon élan, ce genre de chose c'est comme rajouter de l'huile sur le feu. Et ce genre d'attitude est contre-empathique. Es-ce que ce genre de phrase vous a aidé au moment où vous êtes tombé ? Es-ce que ces formules magiques ont soigné vos plaies comme par enchantement ? Es-ce que ça à fait moins mal quand on vous a dit ces phrases ? J'en doute. Et pourtant, combien parmi vous vont sortir ces mêmes absurdités au premier type par terre venu ?

La triste vérité est la suivante : à chaque fois qu'on tombe, on a mal. Et ça ne fait pas moins mal avec l'âge, l'expérience ou la maturité. Non, à chaque fois qu'on se mange le bitume, on souffre. Et on souffre seul car notre peine nous est propre. J'en viens même à croire que si quelqu'un souffrait pour nous, nous serions amené à lui en vouloir tellement la souffrance est quelque chose de profondément intime. Dans ce cas, je ne parle pas d'un ami compatissant ou d'une personne prête à aider pour aller mieux, je parle d'un véritable vol de souffrance, une personne qui dit "je souffre pour que tu arrêtes de souffrir", mais c'est un autre sujet.

Une fois par terre, on a pas toujours la force ou l'envie de se relever. C'est à ce moment que les gens arrivent avec des phrases comme "courage", "je te tiens les pouces", "ai la foi", etc. Une bonne partie des gens qui vous diront ça sont sans doute des personnes qui, dès le message envoyé, ne pensent même plus à votre problème. De plus, il s'agit là d'une forme de non-implication polie. On dit "courage !" au lieu de dire "Es-ce que je peux t'aider ?". On dit "tu peux le faire" au lieu de "Es-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?". On dit ces choses pour se sentir compatissant et politiquement correct alors que, au fond, on s'en fiche... a moins que ça ne fasse une conversation autour d'un café. Et il ne faudrait pas réellement se secouer les puces pour aider l'autre. Non, on préfère envoyé des encouragement non-impliqué de loin.

Chose particulièrement intéressante quand quelqu'un tombe, beaucoup de gens pensent qu'il faut qu'il se relève directement. Je pense que c'est une bêtise. Comme dit plus haut, on a pas forcément le courage ou la force de se relever dans la seconde. Parfois être par terre nous permet de remettre les choses en ordre, d'avoir un nouveau point de vue ou simplement de regarder un peu le ciel. Il faut prendre le temps de se remettre du choc de la chute avant de pouvoir essayer de se remettre sur ses jambes et si c'est fait trop tôt, on risque d'avoir la tête qui tourne et de retomber.

Certaines personnes ont la capacité de rebondir immédiatement, mais rebondir, ce n'est pas se relever. Se relever demande souvent de prendre appuis sur ses mains, ses coudes ou ses genoux. Le corps au complet se met alors en mouvement pour se redresser et relever le dos, les épaules puis la tête. Se relever est une opération qui demande du temps et une dépense d'énergie importante, c'est pourquoi il ne faut pas vouloir à tout prix relever tous le monde dans la seconde.

Dans cette obsession de relever les gens tombé, beaucoup y voit leur propre chute et le fait qu'il ne se sont pas relever totalement. Ces gens ne supporte pas de voir ce reflet d'eux-même chez les autres alors ils se précipitent, mais à quatre pattes, comment voulez-vous aider quelqu'un à se remettre sur ses jambes ?

Par contre, il ne faut pas non plus s'éterniser par terre. Regarder le sol, c'est bien, mais si on ne relève pas la tête au bout d'un moment, si on ne regarde pas ailleurs et si l'on avance pas, on fini par rater tout ce qui est beau dans la vie et elle pourra alors être considérée comme gâchée, à manger de la poussière et à voir passer les asticots.

Ce que je peux vous souhaiter, c'est d'avoir dans votre entourage une personne qui est debout et qui, quand vous chuterez, s'assiéra auprès de vous en attendant que vous lui disiez que vous êtes près à vous relever mais que son aide sera la bienvenue. Une personne qui sait que tomber fait mal et qui compatit, mais qui sais aussi que cette douleur est votre et qu'elle disparaîtra quand vous l'aurez décidé. Une personne qui sait que son utilité viendra quand vous l'aurez choisi et qui ne s'impose pas pour dire des niaiseries ou des phrases d'une ridicule inutilité. Une personne qui ne vous en voudra pas si vous décidez de ne pas bénéficier de son aide et qui ne vous en voudra pas si vous ne lui renvoyez pas des phrases d'une totale absurdité quand elle sera à terre.

vendredi 6 janvier 2012

Les mots se suivent #2

Bonsoir lecteur,

Ce soir, un texte.

"La solitude s'acharne sur moi comme le vent sur le tronc dépouillé de ses feuilles en plein hiver.

Il essaie de lui raconter les histoires du monde, mais l'arbre n'a pas de traducteur et ne comprend rien, excepté le froid que le vent charrie.

Dans le lointain, les nuages voilent les étoiles qui ne peuvent pas venir illuminer le ciel nocturne.

Le soleil se cache derrière les monts vides de vie et la lune n'apparaît pas non plus.

L'arbre se retourne et ne vois rien si ce n'est l'herbe morte qui jonche le sol froid d'une plaine où il se trouve seul.

La sève peine à monté dans ses plus hautes branches et il se demande pourquoi il se retrouve ici.

Les années ont passé et il se souvient de la forêt qui l'entourait. Il se souvient du contact des racines des autres arbres à proximité. Il se souvient de l'odeur du pollen des fleurs environnantes. Il se souvient des petits pas des écureuils dans ses branches.

Il se souvient aussi du bruit des tronçonneuses que les humains ont utilisé pour couper et décimer les chênes, hêtres et sapins alentours. Il se souvient du craquement sec d'un arbre qui tombe, proche de lui. Il voit encore les souches déracinées par les machines assassines des hommes.

Et il pleure, il pleure des larmes de bois que personne ne verra. Il pleure seul car le vent l'a finalement laissé à sa solitude. De toute façon, il ne comprenait pas les histoires du monde puisque personne ne connaît la sienne.

Son cœur se gorge alors de poison et il flétrit, se tasse et fini par mourir, seul.

Au printemps prochain, nulle feuille ne viendra pousser sur ses branches."

jeudi 24 novembre 2011

Film #8 : Intouchable

Bonsoir lecteur,


Un deuxième film ce soir.


Intouchables, 2011, Eric Toledano, Olivier Nakache


Chose délicate que de parler de ce film qui a marqué la plupart des esprits qui ont été le voir.


On peut résumer ce film en un seul mot : apprivoiser.


Un jeune homme de banlieue, récemment sorti de prison va rencontrer un riche aristocrate tétraplégique. Deux mondes qui vont se percuter et apprendre à cohabiter l'un avec l'autre. Ils vont tour à tour partager avec l'autre un peu d'eux-mêmes, leurs joies, leurs peines et leurs idées, oh combien différentes, sur la vie, l'amour et la musique. On y découvre de la tendresse dans les gestes quotidiens d'un aide-soignant ou dans le regard d'un homme qui réapprend à vivre malgré son handicap.


À partir du moment où l'on utilise ces ficelles-là avec doigté et qu'on y rajoute du rire, c'est le succès.


Niveau acteur, que dire, si ce n'est : superbe. François Cluzet en tétraplégique odieusement riche est vraiment très bon. Omar Sy en jeune de banlieue sortant de prison est souvent à mourir de rire avec ses réflexions déplacées mais tellement spontanées et vraies. Audrey Fleurot, Dame du Lac dans la série Kaamelot, est mon coup de cœur, mais c'est juste parce qu'elle est rousse et terriblement sexy (en dehors de tous ces talents d'actrice, bien entendu). Tout ce que je puis dire c'est que les personnages sont attachants, tous, autant les grands que les petits rôles et c'est ce qui nous fait rentrer dans le film et le vivre plus profondément.


Il n'y a pas d'effet spéciaux époustouflants donc je ne dirais rien à ce sujet. La musique est agréable et fait passée quelques émotions lors des scènes muettes, mais rien de spectaculaire non plus.


La grande réflexion que je tire du film est : es-ce que le système français en matière de soin à domicile est aussi moisi que le film le laisse penser ? Non, mais c'est vrai. Lors de l'entretien d'embauche, chaque participant mériterait d'être pendu par les pieds et fouetté !


En résumé, un film qui fait du bien au cœur et qui mérite réellement d'être vu !


Note : 8/10

Film #7 : Time Out

Bonsoir lecteur,


Ce soir, un film.


Time Out, 2011, Andrew Niccol


L'adage qui dit que "le temps, c'est de l'argent" est on ne peut plus vrai dans ce film. Le temps sert de monnaie. Arrivés à l'âge de 25 ans, les gens subissent deux choses : ils ne vieillissent plus, mais ont un minuteur sur le bras qui leur indique le temps qu'il leur reste à vivre. Le temps de base de chaque humain est de 1 année. Après, il faut gagner du temps en travaillant, en le jouant ou en le volant comme de l'argent. Les divers frais que l'on pourrait avoir comme le loyer, le bus ou un café sont décompté sur ce "capital temps". Une fois arrivée à 0:00, la personne meurt sans autre forme de procès. Concrètement, les gens passent leur temps à courir après du temps. L'idée de base est bonne et fait la satyre du système capitaliste que nous connaissons. Pour que peu d'immortels/gens riches existent, il faut beaucoup de mort/pauvre.


Une fois de plus, je ne vais pas faire un résumé du film, vous avez sans doute un cinéma pas trop loin de chez vous, allez le voir pour savoir ce qu'il s'y passe.

Si les premières 45 minutes sont très intéressantes et annonce quelque chose de bon, le reste du film ne suit malheureusement pas. L'intrigue, la trame de fond, les scènes d'actions ne viennent pas et c'est un film assez plat, au final, qui vous est présenté ; un mélange entre Robin des bois et Bonnie & Clyde sans grande surprise ni suspense.


Niveau acteur, on remarque trop facilement que Justin Timberlack n'a pas tellement de problème d'argent, le costard lui va trop bien. Sans être mauvais, il n'est pas bon non plus. Les autres personnages sont des stéréotypes. Les riches blasés et effrayés de perdre leur vie dans une action idiote, les pauvres qui essaient de s'en sortir tant bien que mal, les Gardiens du temps (sorte d'agents de police) qui me font terriblement pensés à Horacio Caine, les lunettes en moins et la petite frappe qui essaie d'être une vraie petite frappe… bref, rien de nouveau sous le soleil.


Niveau musique, rien à rajouter, rien à dire, bref, rien de rien. Elles sont passées comme un courant d'air. Elles vont bien avec le film, sans réelle saveur.


En résumé, un film qui n'est pas bon sans être mauvais. A regarder avec quelques copains et copines pour une soirée ciné en se disant que Amanda Seyfried est vraiment une belle femme, mais que Olivia Wild l'est encore plus.

Un bon concept qui ne donne pas le film attendu.


Note 6/10

dimanche 11 septembre 2011

Schéma social

Bonsoir lecteur,


C'est à la faveur d'une lune ivre que je vous livre ces quelques lignes de réflexion sur un schéma social admis et pourtant, quand on le regarde bien, pas si joli joli que ça.


Commençons par le début. Dans notre société occidentale moderne, enfant, on nous fait faire nos classes obligatoires. On nous apprend ce que l'on considère comme des bases solides pour la suite de notre vie. Une base de math, la langue du pays, une seconde langue, voir une troisième, un peu d'histoire, de géo. On nous fait faire du sport et parfois, une activité culturelle. On essaie de nous apprendre à lire et écrire le plus juste possible également. Durant les vacances, si l'on a de la chance, nos parents nous emmènent en voyage dans un autre pays ou nous font visiter celui dans lequel on habite et s'ils ne le peuvent pas, ils nous mettent dans une colonie de vacances. Parfois, souvent par faute de moyens, les enfants passent leurs vacances chez eux à traîner avec des amis ou à regarder la TV ou jouer à un jeu vidéo.


Jusque-là, on a pas tellement notre mot à dire, on obéit. C'est après qu'on DOIT faire des choix. Déjà, le fait de DEVOIR faire un choix, c'est paradoxal non ? On DOIT choisir son avenir. Un apprentissage ? Continuer les études ? Beaucoup ont du mal se fixer car c'est la première fois qu'on leur demande ce qu'ils veulent (et visiblement, leur capacité à exprimer leurs choix ou désir ne faisait pas partie du cursus obligatoire) ! C'est pourquoi il existe des orienteurs professionnels qui sont là pour vous expliquer, avec diverses méthodes plus ou moins respectueuses de l'individu, les différentes possibilités. Certains repoussent ce choix en faisant une année linguistique, une espèce de mélange entre "glander" parce qu'on a déjà vu la matière et peut-être apprendre 2 mots de vocabulaire dans une langue que l'on a étudié (donc, vocabulaire que l'on a normalement déjà appris si l'on a été studieux).


Bref, nous voici donc parti sur le chemin qui fera de nous des femmes et des hommes du monde, garant d'une éthique, de respect et de compétences misent au profit de notre vie au sein de la société. Je ne vais pas m'appesantir sur ces éternels étudiants qui n'osent pas se lancer dans la vie ou qui ne savent toujours pas quoi faire ou pour ceux qui, trop dégoûté par l'école, se lancent dans un apprentissage qu'ils n'aiment pas et qui en changent tout de suite après leur papier (voir même avant pour certains). Mais comme on dit : il faut bien manger et payer ses factures. C'est donc pourquoi, à un moment donné, on est FORCE de trouver un emploi, même si ce dernier ne nous plait pas.


C'est donc techniquement en 20 et 30 ans que notre vie professionnelle est fixée et que notre vie sentimentale prend le relais au niveau de la bienséance sociale. Durant nos années d'études, nous avons eu des coups de cœur, des blessures, des peines et des joies. On a aimé, on a été aimé, on a forgé notre cœur aux flammes des passions et parfois, ça laisse des cicatrices. Mais voici que les années s'égrainent et comme au niveau professionnel, on a souvent l'impression d'être "posé", il faut bien mettre un peu de piquant dans la vie. Alors, on se marie (pour autant qu'on ai un/e partenaire) ou l'on cherche. Au niveau du schéma social, il est assez étrange de ne pas être marié à 35 ans ou de l'avoir été (divorce ou veuvage). Je ne parlerai donc pas des carriéristes ou autres exceptions, mais je garde ça pour une prochaine réflexion.

C'est donc, tout heureux, que l'on s'uni à l'être qui partage notre vie et notre cœur. Avant cela, prudent, on a passé quelques années ensemble, pour voir si ça marche. On part en voyage, histoire de ne pas gâcher sa jeunesse. On a des projets légers et peut-être que les deux ne sont pas encore bien posés au niveau professionnel, alors on attend le "bon moment" ou l'oubli du préservatif et la venue d'un enfant suite à quoi, on s'empresse de "réguler la situation".


Une fois marié, on part entre mari et femme, un beau petit couple. Certains continuent de voyager tant qu'il n'y a pas les enfants, tandis que d'autres y songent tout de suite. Car oui, une fois marié, le prochain pas, c'est les enfants. Je n'ai que très rarement vu un couple qui se marie et que ne songe pas à sa progéniture. De plus, madame sent ses hormones qui s'affolent, elle vieilli. Je dirai que c'est entre 25 et 35 ans que l'instinct maternel et la libido masculine font tout pour que l'être humain procréer. Et paf, voilà le premier ! Moment intense de joie, de bonheur, la famille est aux anges, les grands- parents se portent directement volontaire pour garder le petit tandis que les deux parents iront au travail pour subvenir aux besoins de ce petit ange/génie/bout-de-chou. Et on en parle autour de soi. Ce petit bout d'humain est mis sous la loupe ; il marche, il bave, il parle. Chaque geste est un émerveillement ! Vous imaginez la pression sociale de cet enfant ? Si par hasard, il est trop remuant, il est directement classé hyperactif. S'il ne remue pas assez, il est autiste ou déficient. Bien souvent, on lui cherche des problèmes qui n'existe pas, histoire de dire à papa et maman qu'ils s'occupent bien du petit.

Et bien souvent, 2-3 ans après, paf, voici le deuxième qui arrive ! Là, c'est moins joli joli. La femme passe 9 mois de grossesse et comme il n'y a plus les découvertes et surprises de la première, elle angoisse pour ses futures nausées, accouchement difficile et si par malheur il y a eu un incident durant la première grossesse, je suis prêt à parier que les nuits ne seront pas tranquilles.


Et voici que vient une des parties les plus intéressantes de la vie des humains. Entre 40 et 50 ans. Il est bien connu et admis qu'à partir de 40 ans, l'homme à besoin de se sentir encore homme. On appelle ça le démon de midi. Et même s'il aime sa femme, on remarque qu'un homme entre 40 et 50 ans porte un soin plus prononcé à sa tenue, son look. Il doit paraître jeune, mais pas trop, dynamique et compétent. Madame quand à elle doit être une mère parfaite si elle ne veut pas être montrée du doigt ou alors, une jeune femme active et qui sait gérer autant son travail que sa famille. Des vrais petits chefs ! Et pendant ce temps, les enfants grandissent, comme dit plus haut.


Mais c'est aussi durant ces années que les distances se creusent. On ne va pas refaire un enfant pour solidifier le couple et comme chaque partenaire pense bien souvent un peu trop a son image, il y a des fossés qui apparaissent, si ce n'est pas déjà des gouffres. Au début, c'est des petites remarques ou on oublie un bonjour ou au revoir. Quelquefois, on pense uniquement à la dernière minute à l'anniversaire de l'autre (c'est souvent les hommes ça). Et petit à petit, le couple se dissout dans les soucis quotidiens. Un feu, ça s'entretient et souvent, on a utilisé le bois pour construire autre chose. C'est à ce moment que l'on pense au divorce, mais on reste quand même ensemble "pour les enfants". C'est là que les problèmes de santé arrivent. Si la famille ne va pas bien, la femme aura tendance à développer un cancer des seins ou des os. L'homme aura des prédispositions pour un cancer de la prostate s'il n'arrive pas à exprimer sa virilité. Ces cancers ne seront peut-être décelés que dans 10 ans, mais ça travail.


Et voilà qu'arrivent les années 50-60. Les enfants sont grands, ils sont peut-être déjà parti. Voici que Madame et Monsieur se retrouvent à nouveau à deux. Se regardent-ils en chien de faïence ? Les vieilles rancunes ressortent-elles ? On se jette de la vaisselle à la figure ? Ou es-ce que l'on se donne une seconde chance ? Ont-ils traversé des épreuves (santé, accident, etc) et que le couple à l'air soudé ? Bien entendu, comme dit plus haut, les enfants auront peut-être eux aussi des enfants, alors un nouveau rôle de grands-parents attend ce couple, ça remet un peu de piquant dans l'existence.


Et puis vient la retraite. Moment très important pour l'homme qui a consacré sa vie entière à un travail. Souvent, la femme a moins ce problème. Elle a DU s'occuper des enfants et à donc arrêter plus tôt. Mais ça fait un choc. Que va-t-on faire de tout ce temps ? On se remet à des activités qu'on avait arrêtées, il y a des années. On bricole, on essaie quand même d'exister. On s'occupe des petits-enfants s'il y en a en leur racontant comment c'était de notre temps. On a l'impression que le monde évolue plus vite que nous et on se sent largué. Dans le pire des cas, il n'y a même plus de dialogue entre les deux membres du couple. Chacun attend que l'autre meure avant lui pour pouvoir enfin être libre car ça ne se fait pas de divorcé à 70 ans. Certains couples profitent de ces moments passé ensemble pour recommencer des activités à deux. Du vélo, de la randonnée ou une passion qui intéresse assez des deux partenaires. Certains voyagent en groupe et font des rencontres. Beaucoup disent que c'est une deuxième jeunesse. Parfois trop marqués par la vie, les enfants les places "pour leur bien" dans une maison de retraite car ils ne peuvent plus faire face tous seuls.


Et puis, vient la mort d'un des deux. Tristesse, deuil et peine. On voit régulièrement l'autre s'éteindre petit à petit et rejoindre sa/son partenaire quelques mois voir année après. On dira qu'il/elle est mort/e de tristesse, plus la volonté de vivre. Quelquefois, pourtant, l'autre se sentira libéré, surtout s'il y a eu une maladie difficile avant le décès. Il pourra réapprendre l'indépendance et vivra peut-être de nombreuses années de bonheur et pourquoi pas formé un nouveau couple. Bien entendu, arrivé à ce stade, ce schéma social nie le suicide des personnes âgées. Je n'en parlerai pas ici, mais c'est quelque chose de beaucoup plus courant qu'on ne le croit.


Voilà pour ce schéma. Je crois que le pire dans tout ça, c'est qu'à la fin de sa vie, les membres de sa famille vont dire quelque chose comme : il a eu une belle vie, pas toujours rose, mais belle quand même. Et pourquoi dire ça ? Je crois que c'est pour se rassurer car on suit le même chemin que lui et qu'on n'assume pas d'avoir une vie "moche". Je crois que si l'on pouvait demander à chaque âme, au moment où elle quitte le corps, comment elle a trouvé sa vie en toute honnêteté, le bilan serait : beaucoup de regrets et pas assez de satisfactions. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de satisfactions, mais d'une façon générale, l'être humain vit sur des schémas qui ne lui correspondent pas et qu'il se force à faire dans le socialement admis.

Voilà pour cette réflexion. Evidement, ce schéma est fait de stéréotype et c'est normal. Certains de vous se reconnaîtront dans une partie plus ou moins grande tandis que d'autre n'y trouveront aucun points communs.

dimanche 10 juillet 2011

Tous ne méritent pas l'Amour

Bonsoir lecteur,

Ce soir, un sujet délicat, peut-être, mais aussi une injustice flagrante. Cela fait longtemps que cette petite idée me trotte dans la tête et j'ai pu vérifier ses fondements dans les divers métiers que j'exerce, mais aussi en faisant un peu attention à mon environnement.

Certaines personnes ne semblent pas mériter l'amour. Certaines personnes se déplacent toujours seule dans leur cœur. Elles ne connaissent pas la chaleur agréable d'une caresse, ni la sensation veloutée d'un baiser. Elles n'ont jamais personne dans leur lit, leur vie et leur avenir.

J'entends sans arrêt dire que le physique n'a que peu d'importance, mais c'est faux. Il en a, et beaucoup ! Les femmes rêvent d'un prince charmant, mais on a jamais vu un prince charmant obèse ou handicapé physique ou mental. Et les hommes rêvent d'une femme belle, sensuelle et de préférence avec un petit penchant pour la nymphomanie et non d'une obèse suant à grosse goutte durant l'été mais vraiment gentille et attentionnée.

On se voit, on se plaît, on s'accouple ou on dit aussi "on se fait du bien entre adulte consentant" et après, on avise si la personnalité de l'autre nous permettrait de nous revoir pour recommencer et peut-être pour partager cette chose qu'on appelle le futur.

Je vous entends déjà dire que ce n'est pas vrai. Mais c'est vous qui vous voilez la face. Messieurs, soyez attentifs à la direction de vos regards. Mesdames, il est vrai qu'à partir d'un certain âge, vous avez tendance à préférer un homme qui aura de l'argent (si ce n'est prestige et gloire) qu'à un Don Juan, mais vous restée quand même attirée par les "Princes Charmants" et non vers les laissés pour compte.

Avant d'écrire ce texte, j'en ai écrit un autre, très long, qui fustigeait la société et la pub de nous dire qui ou quoi aimer, ainsi que la bêtise crasse des gens qui ne pensent même plus et qui gobent ça comme leur pain quotidien. Mais une fois que la rage est passée, il ne reste que l'épuisement et la tristesse. La tristesse de voir ces gens mis de côté qui possèdent bien souvent les plus grandes qualités au monde ; l'écoute, l'attention, la patience, l'amour, l'affection, la tendresse. Ces gens qui sont capables de pardonner, mais qui finissent par devenir amers, écorché de la vie et blessé, noyez dans des larmes trop salées que personne n'essuie.

Ce que j'aimerais vous faire comprendre, c'est que le gros obèse qui vous "matte" depuis sa bière au comptoir n'est pas un obsédé, mais juste un type trop timide et mal dans sa peau pour venir vous dire qu'il vous trouve jolie. De vous dire que l'handicape physique ou mental d'une personne ne le prive pas du plaisir de se faire tenir par la main ou qu'on le serre dans ses bras. Qu'en chaque femme qui possède des kilos superflus, il sommeille une personne fragile et une reine de beauté qui n'attend qu'une main tendue pour la faire apparaître.