mercredi 20 janvier 2010

Histoire #5

Bonsoir lecteur,

Ce soir, une histoire.

Il était une fois, un homme riche. Il était assis à une terrasse en bord de mer, c'était le matin vers 9h. Il contemplait ses bateaux de pêche.

C'est alors qu'il remarqua un pêcheur qui revenait du large dans sa petite barque. Il avait dans ses filets cinq, peut-être six poissons qu'il vendait au premier arrivé. Une fois ses ventes finient, il passa devant l'homme riche au moment où le serveur lui apportait un café.

"Hey, mon ami" fit l'homme riche. Le pêcheur se retourna. "Viens un peu par ici, j'ai à te parler". Le pêcheur s'avança vers l'homme. "Pourquoi rentres-tu si tôt de la pêche ?" fit l'homme riche. "Et bien, pour passer du temps avec ma famille, chez moi." dit le pêcheur. "C'est très bien, mais tu sais que si tu rentrais un peu plus tard, tu pourrai pêcher plus de poisson et tu te ferai plus d'argent." dis l'homme riche. Le pêcheur réfléchi et dit "Mais, pour quoi faire ?". "Et bien, comme ça, après quelques temps, tu pourra t'acheter un plus gros filet" dit l'homme riche. "Ha" dit le pêcheur.

Le pêcheur réfléchi un instant et dit "Mais, pour quoi faire ?". L'homme riche lui répondit "Et bien, avec un plus gros filet tu pourra pêcher encore plus de poisson, et tu aura encore plus d'argent en les vendant.". "Ha oui ?" dit le pêcheur. "Oui" dit l'homme riche et il rajouta "Avec cet argent, tu pourra t'acheter un treuille pour ton filet". "Ha" dit le pêcheur.

"Mais, pour quoi faire ?". "Et bien, avec un treuille, tu pourra remonter encore plus de poisson en te fatiguant moins. Et en les vendant, tu aura encore plus d'argent" dis l'homme riche. "Ha" dit le pêcheur.

"Mais, pour quoi faire ?". Restant toujours très calme, l'homme riche lui dit "Et bien, avec cet argent, tu pourra t'acheter un plus gros bateau. Et avec ce bateau, tu pourra aller plus loin et pêcher plus de poisson pour les revendre et te faire encore plus d'argent.". "Ha" dit le pêcheur.

"Mais, pour quoi faire ?". "Et bien, une fois que tu aura beaucoup d'argent, tu pourra acheter plus de filets et pêcher encore plus de poisson pour pouvoir les revendre et te faire encore plus d'argent et tu pourra alors acheter un deuxième bateau." dis l'homme riche. "Ha" dis le pêcheur.

"Mais, pour quoi faire ? Je ne peux conduire qu'un bateau à la fois.". "Et bien, au moment où tu va acheter un deuxième bateau, tu va pouvoir engager du monde pour pêcher pour toi et au bout d'un moment, tu pourra engager plein de gens pour pêcher à ta place". "Ha" dis le pêcheur.

Le pêcheur réfléchit et dit "Mais, pour quoi faire ?". L'homme riche lui sourit et lui dit "Et bien, si des gens pêchent pour toi, tu pourra rester chez toi avec ta famille". Ce fut au tour du pêcheur de lui sourire et de dire "Mais, c'est ce que je fais déjà.".

Le café de l'homme riche était froid.

---FIN---

Je laisse à vos bons soins le fait de trouver une morale qui vous parle.

mardi 12 janvier 2010

Histoire #4

Bonsoir lecteur,

Ce soir, un texte, une histoire. Elle n'est pas de moi mais j'ai reçu la permission de faire un copier-coller.

Comme le vieil homme marchait le long de la plage, à l'aube, j'ai remarqué qu'il se baissait de temps à autre pour ramasser les nombreuses étoiles de mer qui avaient été jetées sur la plage, la nuit dernière.
Il prenait chacune d'elle précieusement et la relançait délicatement dans les vagues.

Je l'ai suivi, quelques pas derrières, marchant lentement, sans être vu. Il continuait patiemment son travail, sans paraître découragé par la longueur de la plage. Le soleil venait de poindre à l'horizon. Je me suis approché de l'homme âgé, comme il se penchait pour ramasser encore une autre étoile de mer, parmis toutes celles éparpillées sur le sable.

- Excusez-moi, Monsieur, dis-je
L'homme se releva et se tourna lentement, tenant l'étoile tendrement dans ses mains.
- Qu'y a t'il ? demanda-t-il
- Je n'ai pas pu faire autrement que de remarquer ce que vous faites ici, ce matin. Je vous regarde depuis un moment. je pense que ce que vous faites ne sert à rien. C'est idiot : la plage s'étend sur des kilomètres et il y a des milliers d'étoiles de mer. Comment, ce que vous faites, pourrait changer quelque chose ?

Le vieil homme regarda l'étoile dans ses mains, puis sourit doucement, et il me la tendit.
- Ca change quelque chose pour celle-là, n'est-ce pas ? dit-il, ça change quelque chose pour celle-là là !

Je pris l'étoile dans sa main tendue et la lança dans la sécurité de la mer. Nous continuâmes ainsi ensemble. Le soleil brillait de plus en plus, comme nous marchions le long de la plage...

Depuis ce jour, j'ai bani de mon vocabulaire les expressions "ça ne sert à rien" et "ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan". Chaque fois que j'ai l'occasion d'agir, même de façon ridicule, même de façon si minime que beaucoup me regardent faire en ricanant, que ce soit juste un sourire dans un enterrement ou un statut partagé sur facebook, je le fais... Bien évidemment, mon geste ne changera pas la face du monde, mais si une seule personne, par ce geste, peut se sentir un peu plus comprise, accueillie, entourée, si une seule personne retrouve le sourire ne serait-ce qu'un instant... alors pour celle-là, ça changera quelque chose et mon geste n'aura pas été inutile. Et quand bien même ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave : j'aurai au moins essayé...

---FIN---

La morale que j'y vois, c'est que chaque acte, même ridiculement insignifiant pour certain, ont une portée, un effet et une conséquence. Aussi bien les bons que les mauvais.

lundi 11 janvier 2010

Voeux 2010

Bonsoir lecteur,

Ce soir, comme j'ai été éduqué et pas uniquement nourri, il est de mon devoir de vous envoyer mes vœux pour l'année 2010.

Je ne vais pas vous souhaiter une année merveilleuse. Je ne vais pas vous souhaiter la santé, la fortune et que tous vos vœux se réalisent. Non, car ce serai laisser la porte ouverte à beaucoup de chose futile et qui ne vous ferai pas avancer sur votre chemin.

Je ne vais pas vous souhaiter non plus de perdre votre argent, de finir gravement malade, je ne suis pas non plus complètement méchant.

Je vous souhaite de trouver le courage, la force et la volonté de vous relever quand vous chuterez.
Je vous souhaite de prendre les chemins qui vous feront avancer et évoluer, même si, pour cela, vous devez vous perdre avant tout.
Je vous souhaite de voir le positif dans chaque situation de la vie, même la plus difficile.
Je vous souhaite d'ouvrir les yeux sur ce qui est important pour vous, même si pour l'instant vos yeux regardent ailleurs.
Je souhaite que ceux qui nous ont quitté trouve la paix ou, plus personnellement, qu'ils trouvent le chemin de la réincarnation pour revenir et continuer leur chemin.

Une malédiction chinoise dit : "Puisse votre vie être intéressante".

Soyez tous maudit !

lundi 21 décembre 2009

Nos drogues nous haïssent tous !

Bonsoir lecteur,

Ce soir, j'aimerai vous parler de drogues, mais au sens large. Ces choses pour lesquels on vit sans s'en rendre compte ou qui nous maintienne en vie, qui nous motive, nous booste, dans lesquels on se réfugie quand ça ne va pas. Ces choses sans lesquels nous aurions tellement de peine à avancer sans elles.

Elles sont de toutes natures : drogues durs ou non, tabac, travail, café, chocolat, médicaments, dieux, sexe, haine, amour, adrénaline, rêve et j'en passe.

C'est un soir, il n'y a pas longtemps, que quelqu'un m'a posé la question et je lui ai dis : le sexe. Le sexe est ma drogue. Comme un cocaïnomane, j'ai besoin de ma dose quotidienne, seul ou accompagné, peu importe.

Mais, plus j'y réfléchissais, plus quelque chose me dérangeait. Il m'aura fallu plus d'une semaine de réflexion et 27 ans de vie pour finalement trouver la réponse. Ma drogue, je la coupe, je la mélange. Ce n'est pas uniquement une dose de sexe qu'il me faut. Non, il me faut plus. Tel un chimiste, je combine ; une dose d'amour, une dose de tendresse, une dose de récurrence.

En effet, il ne suffit pas de "largué la sauce" pour que je sois bien. Non, il me faut un contact humain, plonger mes yeux dans ceux de ma partenaire au bon moment, écouter sa respiration, ses cris ou gémissement, sentir son corps, sa moiteur, son odeur, son goût. Il faut que mes cinq sens soient utilisés.

Mais il me faut également combler le cœur, savoir qu'il y a des sentiments, que je ne fais pas ça comme une bête, machinalement pour la reproduction ou pour réduire la pression. Entendre un "je t'Aime" au bon moment, avoir le droit à un sourire durant l'acte, savoir que je fais l'Amour à un corps autant qu'à un cœur.

Mais ça n'est pas tout. Il y a aussi l'évolution. Après l'acte, s'endormir ensemble et le lendemain, se dire bonjour, prendre un café, discuter d'autre chose. Faire de cet acte un ciment et pas juste un moment passager. Faire que cette pierre vienne s'ajouter à l'édifice et non qu'elle finisse dans une marre pour le plaisir des ondulations.

Au cours de ma vie de drogué, je ne suis pas souvent arrivé à cette parfaite alchimie enivrante. J'ai souvent opté pour un mélange plus simple et plus rapide. Mais au final, il n'y a vraiment que cette combinaison optimale qui me fasse du bien sans le contrecoup, comme pour une drogue de bonne qualité et pas coupée avec de la merde. C'est cette alchimie qui me fait aimer la vie et continuer à me battre. C'est ma pierre philosophale, qui au lieu de transformer le plomb en or, transforme les montagnes impossibles à franchir en collinettes.

Après, j'ai bien entendu d'autres drogues, trop souvent de substitution, mais celle que je viens de vous mentionner, c'est la meilleur de toutes.

Et toi lecteur, quel est ta drogue ?

mardi 15 décembre 2009

Film #1 : Shortbus

Bonsoir lecteur,

Ce soir, critique de film. Ça ne fait pas de mal.

Shortbus, John Cameron Mitchell, 2006

Sofia est une sexologue qui n'a jamais connu l'orgasme et simule le plaisir depuis des années avec son mari Rob. Elle croise Severin, maîtresse dominatrice, décidée à l'aider. Deux patients de Sofia, James et son compagnon Jamie, songent à ouvrir leur sexualité à un troisième partenaire, Ceth, mais Jamie ne parvient pas à se décider...

Voici donc ce qui est écrit au dos de ce DVD. Au moins on est fixé, ça parle de sexe et ça ne fais pas que ça. Dès les premières scènes, on se croirait dans une film porno peut orthodoxe. Auto-fellation, rapports sexuels étrange et chevronné, domination et SM, bref, en 10 minutes, on apprend tout des personnages principaux de ce film. On comprend également au fur et à mesure pourquoi ils se livrent à ce genre de pratiques que les gens "bien pensant" qualifieraient de déviantes.

C'est Sofia qui va découvrir Shortbus sur une invitation de Jamie et James. Elle y découvrira des pratiques en tous genre et s'évertuera à découvrir le secret de l'orgasme. Je vous laisse quand même le suspense pour la fin du film.

Mon avis : J'ADORE !!!!!!!

Si l'on ôte le côté film X que certain pourraient voir là-dedans, c'est une véritable tranche de vie que l'on retrouve. Voir ces gens évoluer dans un monde qui nous est, pour la plupart, totalement inconnu, fuit ou honni est un vrai plaisir. Les scènes sont crue et souvent choquante, surtout au début. Les personnages sont des êtres qui ont des problèmes et qui essaient de les régler à leur façon, la seule qu'ils connaissent. J'y ai trouvé une détresse chez ces gens, mais aussi une humanité que trop de gens, bien pensant, c'est évident, ont perdu. Il y a également une recherche des sentiments, de soi-même et d'acceptation des autres.

Ce film m'a touché, je ne savais pas à quoi m'attendre quand je l'ai mis dans mon lecteur et je suis très content de l'avoir vu.
La scène avec le vieux maire de New York et Ceth m'a beaucoup plu.

Note : 8/10 cependant, je dirai : A NE PAS METTRE DANS TOUTES LES MAINS.
Encore une chose, les actes sexuels ne sont pas simulés.

dimanche 8 novembre 2009

Histoire #3

Bonsoir lecteur,

Ce soir, une histoire.

Il était une fois, un homme. Il était mineur et travaillait dur. Il extrayait des rochers de la montagne pour faire des maisons et c'était un travail épuisant.

Un jour, en abaissant sa pioche et en saisissant un morceau de tissu pour s'éponger le front, il leva la tête et vit luire le soleil au dessus de sa tête. C'est alors qu'il dit :
- Comme le soleil est puissant. Il domine tout et peut brûler si on le contrarie.
C'est alors que le soleil lui dit :
- Non, je ne suis pas si puissant que ça. Regarde ce nuage là-bas, il peut cacher mes rayons et m'empêcher d'être vu.

Le mineur regarda le nuage et dit :
- Oui, c'est vrai, le nuage est plus puissant que le soleil. Comme j'aimerai être le nuage.
C'est alors que le nuage qui l'entendit lui dit :
- Non, je ne suis pas si puissant que ça. Regarde le vent qui souffle là-bas. Il peut me pousser au loin et je ne peux rien y faire.

Le mineur regarda le vent et dit :
- Oui, c'est vrai, le vent est plus puissant que le nuage. Comme j'aimerai être le vent.
C'est alors que le vent lui dit :
- Non, je ne suis pas si puissant que ça. Regarde la montagne sur laquelle tu es, j'ai beau souffler elle ne bougera pas.

Le mineur regarda la montagne qui le supportait et dis :
- Oui, c'est vrai, la montagne est plus puissante que le vent. Comme j'aimerai être la montagne.
C'est alors que la montagne lui parla et dit :
- Non, je ne suis pas si puissante que ça. Sur mon flanc, je suis ronger, on m'enlève des morceaux et j'entends des "toc toc toc".

C'est alors que le mineur regarda sa pioche et repris son travail.

---Fin---

mercredi 4 novembre 2009

Foudroyante Lucidité

Une fois de plus, ce soir, la Folie m'a saisie la main et m'entraine sur sa piste de danse. Une fois de plus, je cède à ses mains délicates et nous écoutons sa mélodie sur un pas détendu. Puis nous accélérons, virevoltant au gré des notes sur la portée. Nous nous envolons en suivant les murmures du vent au travers des arbres, nous nous posons sur le son des cris de la nuit. Les rayons de lune nous porte jusqu'aux extrémités du raisonnable et nous le franchissons.

La danse s'embrase et son corps se fait plus pressant contre le mien. Je la sens, je sens son parfum, je sens la soie de sa robe glissé sous mes mains, je sens la chaleur de son être démentiel. Je sens ma vie glissée entre ses doigts. Et puis, elle plaques ses lèvres contre les miennes et je sens déferler en moi la mort de tout, sauf d'elle. Elle me possède.

Nous nous faisons une couche d'un brin de nuage et la soie glisse sur sa peau. Je sens l'odeur de ses cheveux, je sens ses ongles sur ma peau, je sens ses lèvres sur mes lèvres. Et je ne sens plus rien.

Puis la danse continue, mais à un rythme différent. Je sens ses dents parcourir mon corps, je sens ses ongles griffer ma chaire, je sens son haleine me brûler l'âme et me consumer. Puis elle se fait douce et lèche mes plaies, caresse ma tête et éponge mes larmes. Puis elle recommence en m'arrachant des cris. Et je ne ressent plus rien.

Elle me laisse prendre le dessus. Je sens que c'est faux, mais je le fait. Je la retourne, je joue avec, je me venge, je l'embrasse, je la griffe, je la mord. Je sens l'odeur de sa chair, envoutante et belle. Je sens mes doigts s'enlacer autour de siens, ma langue autour de sa langue, ses jambes autour des mienne et elle me possède une fois de plus. Et je ne ressent plus rien.

Puis elle me mord, obtenant de moi un dernier râle de plaisir et de douleur. Puis je meurt. Et je ne ressent plus rien.

Quand je me réveille, elle a disparu. Ne laissant derrière elle qu'un parfum de défaite, une robe de soie, une âme totalement déchirée et des draps gorgé de sueur.

Voici avec qui je couche depuis des lustres, voici mon amante, Folie. Démoniaque. En plus de me laisser comme ça, elle me laisse un autre cadeau. Une vision limpide du tout. Une foudroyante lucidité. Et comme nous, humains, ne pouvons supportée une telle clarté, je la rappelle et la danse reprend.